Vendredi 1 février 2008 5 01 /02 /Fév /2008 12:29
Je t'écris ces quelques mots pour m'excuser. Dans quelques instants tu seras cuit et là tu devriendras une magnifique volaille à la tendre cuisse, à la peau craquante et délicieuse.
Mais pour l'instant cette peau, je la conspue, je la deteste, je la hais... 
Elle me fait peur, elle fait remonter en moi des souvenirs désagréables. Des moments
de peur suspendus, un goût amer refoulé. J'ai vu tes congénères vivants et puis morts et je n'ai pas eu peur. Mais lorsqu'il a fallu les plumer... Je n'étais qu'un observateur et pourtant l'odeur, l'odeur de ces plumes ébouillantés, de cette peau enfin lâche... Une odeur étouffée, ténue et pourtant si imposante. Est ce parce que je la deteste que je n'arrive pas à la décrire ou parce que j'ai jamais été foutue de faire une description potable. Quoiqu'il en soit, dès que la cellophane disparait, cette odeur me revient  comme une claque, dès que la frontière s'évaporent les airs se mélangent et m'assaillissent. Et toi, te voilà nu encore une fois! 
Alors , franchement?  dis moi ? tu le fais exprès? C'est vrai tu sais combien
j'aime tes effluves au sortir d'un bain revigorant d'huiles aromatisées, combien tu es beau lorsque tu dors  tranquillement dans le four, combien tu es tendre après t'être fait dorer la pilule!

Comme tu es cruel à cet instant, mais bon c'est qu'un mauvais moment à passer!
Par Nope - Publié dans : Râmes sensibles...
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