Lundi 12 mai 2008
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22:18
Parfois quand je m'approche de la fenêtre et que je me penche par dessus le rebord, j'ai peur. Peur que ce gazon chatoyant parsemé de bouton d'or offert à ma vue,
disparaisse. C'est idiot, je sais bien. Qui a déjà vu un jardin disparaître? Promoteurs immobiliers mis à part, cela s'entend. N'empèche, je me dit que tout ce vert pourrait fuir, s'envoler et
pfuit, plus rien! Ni fleur, ni abeille butineuse, plus rien de vivant, ni végétal ni même animal de passage. Et même la terre et les cailloux auraient disparu... Et alors, depuis ma fenêtre, je ne
verrais que la disparition, l'absence, la perte, le manque ou peut être, dans une vaine tentative d'embellie, je verrais le vide sidéral. J'observerais ce vide sans lumière et sans bruit, celui qui
existe entre les étoiles et les planètes, et même dans chaque atome. Et alors, je me sentirait petit, tout petit face à cette immensité invible, et puis aussi grand trop grand d'avoir ce privilège.
Et forcément, à prendre tant d'importance en étant si petit, on risque de basculer! Alors forcément je chuterais! Encore, et encore, et encore dans ce vide infini qui s'était logé là, sous ma
fenêtre, je tomberais immobile. Simplement, parce que mon petit jardin était parti en campagne. Alors, j'ai peur quand je regarde par dessus le rebord mon petit jardin, alors je le couve du regard
parce qu'aujourd'hui il est encore là et puis je souris aux étoiles parce que demain je ne sais pas où je serais.
Par Nope
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Publié dans : Râmes sensibles...
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